Le problème avec les petites filles sages qui ont connu une enfance heureuse mais calme, c'est que souvent, elles se sont réfugiées dans les livres, ces amis avec des pages.
Elle ont lu beaucoup, de tout, ont mâchonné des mots et des concepts qu'elles étaient un peu trop jeunes pour comprendre, et du coup, elles ont une appréhension instinctive, intuitive des choses.
Elles pressentent mais ne savent pas vraiment, elles n'en mettraient pas leur phalange à couper, quoi. Et quelques années plus tard, elles constatent qu'elles ont une approche cliché-isante voire "petite-boitisante" des choses. Une sorte de survol gracieux et aérien. Surtout, ne pas atterrir.
La next step, si on y ajoute une pincée d'éducation catholique hard-core (option mère moyen-orientale, vous imaginez le carnage, mais moman je t'aime et c'est pour de vrai), avec tout ce que sous-entend de valeurs éculées totalement suicidaires dans un biotope parisien contemporain, c'est le bovarysme. Frustration, tristesse, sensibilité violentée à peu près 17 fois par jour.
Just for the record : Emma, en vrai, elle est brune. Avec des bandeaux qui encadrent son visage frustré de brune agressivo-folle.
Pour ceux que la classe de première littéraire a dégoûtés à jamais de Gustave F. : le bovarysme décrit « un état d’insatisfaction, sur les plans affectifs et sociaux, qui se rencontre en particulier chez certaines jeunes femmes névrosées, et qui se traduit par des ambitions vaines et démesurées, une fuite dans l’imaginaire et le romanesque". Woh ben et alors, même pas mal.
Pardon.
Alors du coup, je vais faire comme Emma B. Je vais aller acheter des choses, tiens. Ensuite, je me projeterai contre ma porte-fenêtre sale en sussurant "j'ai un amant", mais en fait non.


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