samedi 12 septembre 2009

I got the poison, I got the remedy

Auto-navrage total. Vu le dernier Audiard, Un prophète. Douze heures plus tard, la seule chose que je suis capable de haleter et restituer, c'est : "Tahaaaaaaaaaaaaar".


Putain mec mais arrête d'être bonne comme ça. Mais alors bonne-bonne. Bonne de "J'aimerai beaucoup rencontrer ton agent afin qu'on parle négo, que je lâche le cash, t'attache, t'emmène chez moi et te viole rituellement pendant 15 ans. Après tu pourras partir et moi dormir, d'accord Tahar ?".


Ce genre de séduction vénéneuse totale, chez un mec, qui fonctionne même via écran interposé, c'est pas souvent. Je cœur de pierre. C'est d'autant plus dur quand tu vas voir le film avec un mec, à la sortie, tu voudrais tellement qu'il soit une meuf, mais juste 10 secondes, le temps que vous vous rouliez par terre en hurlant "Tahar" et en secouant les cheveux, les larmes aux yeux et la lèvre inférieure qui tremble.


Après tant d'hormonal, difficile d'enchaîner sur un truc de fond à dire sur le film. Tahar meilleur acteur de l'Arabie Heureuse Internationale? Nan ok, sérieusement : narration, dialogues, rythme, plans, stupéfianto-sublimes scènes oniriques, seconds rôles charismatiques en diable (Ryad, Jordi le Gitan, Lattrache de Marseille), même la bande-son : tout est impeccable.

On devait rejoindre une soirée après le visionnage, mais avec mon pote, nous n'avons pu que ramper jusqu'au troquet à touristes le plus proche pour psalmodier des critiques dithyrambiques et soupirer, tout choqués heureux, "on a vu un putain de bon film".

Et puis pour une fan de Oz, la prison reste le plus riche des biotopes pour dire ce qui se passe dehors, en te retournant les tripes anticlockwise (et avec un bon numerus clausus de mecs bonnes souvent à poil - rhaaa les scènes de douche).

Ryan O'Reily, roi des Irlandais dans la prison de Oz
et fantasme N°1 de mes nuits en 2007, 2008 et Q1 2009


Lu la critique d'une journaliste qui trouvait dommage de voir se renforcer certains clichés (les Corses, les dominantes ethniques en milieu carcéral, etc). La prochaine fois, promis, le film fera focus sur le Gang des Suisses et la mafia Suédoise, et leur rôle prégnant dans le Bad Biz français, ma'me la journaliste. On sortira ainsi du convenu.

(Je ne sais pas si je vous ai déjà dit que j'ai un problème avec les journalistes. J'y reviendrai une fois qu'il sera résolu).

Celle-là, ç'aurait été dommage de s'en priver
Tahar, tu ne bouges pas, j'arrive et je compte tes poils et tes pores
Et je recompte après pour être sûre de n'avoir pas fait d'erreur


Je dédicace ce film à ma nièce Louise, petit machinou corso-libanais
volcanique et attendrissant,
qui se sentira forcément très partagée pendant le visionnage.
Courage, petite, le sang de deux peuples euh particuliers coule dans tes veines.


3 commentaires:

  1. C'est vrai qu'il joue bien Tahar et que le film est bien scénarisé, réalisé, filmé. J'ai adoré ce film amoral noir. Yes.

    Je reste néanmoins insensible à ses charmes et voudrait plutôt rendre un hommage (vibrant) à tous les maquilleurs, stylistes, directeurs de la photo, directeurs artistiques, caméramans, stagiaires qui tiennent le réflecteur de lumière pour que le visage du comédien soit bien éclairé (j'en oublie sûrement, je connais pas touts les métiers du cinéma)...

    Bref à tous ceux dont le métier consistent en partie à transformer un banal être humain qui a la tête dans le cul le matin en acteur magique l'après-midi : MERCI

    Merci à Tahar et à tous ceux qui -dans l'ombre- travaillent pour améliorer Tahar :)

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  2. Ceci dit, je suis sans doute un peu jaloux de cet excellent acteur.
    En tout cas, très bon article subjectif, avec un vrai point de vue, drôle et très drôle.
    Dommage qu'il n'y a pas plus de commentaires...

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  3. Vu que mon lectorat frôle les 12 personnes les jours de trafic de fou, qu'il s'agit de mes amis et qu'on se parle IRL, je reçois peu de commentaires.

    Ca me chagrine, cependant.

    Donc merci, Tonton, merci d'échanger avec la petite plumitive egotique que je suis. Que ça fait du plaisir, que ça motive et tout...

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