samedi 5 septembre 2009

J'aime beaucoup ce que vous faites...

Histoire d'un garçon, qui représente un tiers de ma vie en cumulé. Nos 20 ans, cette demi-tonne de conneries commises ensemble, la fin des études, notre arrivée conjointe et brutale dans le biotope "travail", le rabotage par le papier de verre de la vie professionnelle, la fatigue, l'impossibilité de dire à qui que ce soit d'aller se faire enculer, la rage, les premiers gestes d'humeur... Au fil des années, l'usure comme on l'appelle, les amis parfois très peu fédérateurs, s'éloigner, évoluer dans des sphères différentes, ne plus être ensemble en fait, avoir du mal à négocier "l'après", savoir cependant qu'on a aimé, et qu'on a été aimée, jouir de ce bonheur, mettre le joli sous boîte hermétique, pour y revenir une fois le "pretty uncool mood" passé.

Et puis un jour, on apprend qu'il expose chez Agnès B, à la rentrée, et on est dans les aigus ("hiiiiiiiii"), fière, on voudrait hurler qu'on le savait, té, que les yeux des gens finiraient par admettre son talent. Alors quand il demande, pas sûr du côté "super bonne idée" du truc, un texte biographique à intégrer au catalogue, on est émotion, on aime bien écrire et puis on maîtrise son sujet, merde.

"Grandir à Beyrouth. Assister au chaos le plus absolu, à l’hystérie des adultes, comprendre très vite les contraintes d’une vie en période de guerre, trouver les refuges. La géographie de la ville et le rythme des bombardements circonscrivent le terrain de jeu de Dem à un espace réduit. Sa mère l’initie au dessin, il ne lâchera plus ses crayons.

Il dessine, découvre l’univers torturé d’auteurs comme Moebius, dévore du Comics au kilomètre, reproduit les silhouettes des super héros, bave devant celles plus dénudées des pépées de Manara.

En attendant de grandir, il joue à la guerre, observe tout et en restitue le fruit en dessinant, ça va du flingue super sophistiqué au monstre lovecraftien. Dem aime aussi les images qui bougent, elles constitueront les fondations d'un univers qui repose sur le second degré et le portnawak : il ingère pendant des heures séries Z, films de kung fu ou zombies et sous séries moyen-orientales kitsch. Les contours d’un travail graphique plutôt dark et biberonné à la sous-culture émergent.

Dem emménage à Paris à l’adolescence et se mange ce que l’on appelle trivialement une grosse claque. Il découvre un autre biotope urbain, d’autres codes, d’autre gens. Hormones en bandoulière, tout ce qui relève d’une culture urbaine testostéronisée sera approché, vécu et restitué par un Dem scotché par toutes les possibilités que recèle Paris. Il bloque sur le métro et découvre le graffiti, qui reste sa seule passion au long cours. Volatile, l’animal a traîné dans les sphères métalleuses, rap , techno ou punk. Sans en arborer les couleurs : organisés en tribus, les gens deviennent cons et ça ne l'amuse pas, il se préfère franc-tireur et cocufie allègrement tous les sous-groupes qu’il intègrera.

Son identité repose sur sa double culture, et pour rester cohérent, il prend un plaisir pervers à ériger le « grand écart » comme style de vie. Il passe en souplesse des quartiers les plus blings aux concerts hardcore, des free parties en forêt à des sessions de tenage de murs, il se dissout dans ses contradictions et découvre au final que cette capacité à évoluer dans toutes les sphères lui permet d’obtenir un champ d’expérimentation illimité. Il ouvre les yeux et se frotte les mains.

A trente ans passés, Dem continue à explorer les sous-cultures et leur théâtre : la ville. Urbain par essence, il continue à trouver ce qui l’inspire en ridant les rues parisiennes et ne s’interdisant aucune influence ou technique. De sa passion graffologique, Dem a retenu la lettre et la soumet depuis plus de 18 ans à des tortures dignes du bondage le plus tordu."

Donc en clair, allez voir cette expo sinon vous développerez une pathologie ridicule des couilles et décéderez dans des souffrances abjectes.

Graffiti, Etat des lieux
Galerie du Jour / Agnès B
Vernissage le 8 septembre, l'expo dure jusqu'au 10 octobre

44 rue Quincampoix - 75004 Paris

mardi 1 septembre 2009

(it's like : I need a title, but i can't get one)

(S., je t'avais dit que je le ferais alors je le fais, mais alors, ça va être mauvais. Incapacité à prendre le recul nécessaire, mettre en perspective ou trouver le bon mot. Ma zone de flou personnelle, c'est le moyen-orient. Ca touche tout de suite aux conduits lacrymaux et à cette colère qui me fait bander les muscles et débander la joie de vivre. Ca finit toujours sur la certitude de ne jamais me reproduire (il ne faut pas non, regarde les cons). Et à ne jamais accorder de crédit à une démarche ou un discours avec du politique dedans. Bullshit, ce qui compte, c'est la thune qui te permettra de monter avec célérité dans le premier avion que la MEA pourra affréter et la longueur du bras de ton cousin qui connaît l'ambassadeur. Ou ta capacité à faire des films, de la musique ou des trucs avec des crayons pour sortir le mal et arrêter de ressasser)

(transition)


Alors The time that remains d'Elia Suleiman. Vous êtes à priori un lectorat cinéphile, vous avez lu les Inrocks ou un blog, vous savez les mots clés :
  • Keatonien slash clown triste
  • Contemplatif
  • Souci de rythme
  • Approche ironico-onirico distanciée
  • Je jamais crier les choses, les sussurer et effectuer quelques pas à la Gene Kelly en guise de pied de nez
  • And so on
C'est vrai. Tout cela est vrai, argumentable, démontable, redessinable à la sanguine, fixable au spray. Je vais avouer la vérité. J'aime le travail d'Elia Suleiman. Mais aussi : j'ai (partiellement) (en outre quoi) payé 8 euros 50 pour le fait d'entendre quelques mots de ma langue, de mon dialecte, si peu connu ici, atrocement parodié par le blaireau de base, sali par des sons gutturaux qui me sont étrangers, pierreux, arides. Une langue qui sait dire l'absurde et les vannes de cul avec un talent certain.

Is that loads of fun or what ?

Quitte à dire la vérité, plutôt que de rewriter du déjà lu, peut-être admettre que la scène sur laquelle j'ai le plus bloqué, c'est celle où j'ai vu madame ma mère. (Ce qui est injuste, vu le nombre d'autres scènes remarquables et je m'en excuse).

Alors : c'est la maman d'Elia, quand il revient de son exil, il la retrouve, elle a vieilli forcément, est un peu forte, a un look de merde elle qui fut si coquette, elle ne dit plus grand chose, elle a 16 ans d'âge mental et défonce les petits gâteaux la nuit alors qu'elle est diabétique. Petite sotte mignono-poignante.

Un soir, elle est sur le balcon. Assise toute droite et raide, elle se fait chier (sur le balcon). La nuit tombe et un feu d'artifice commence. Sa bonne asiatique (un incontournable nauséabond du middle-eastern lifestyle) l'entoure de ses bras et lui dit "wouah c'est beau le feu d'artifice madame" ("yiii, chou hélo eul feu d'artifice ya madaaaame" en philippino-rebeu).

Le problème c'est que niveau sonore, un feu d'artifice, ça ressemble méchamment aux bombardements. Le bras qui entoure la mère prend une autre dimension, se fait extension du mien, devient protecteur, noueux et éventuellement armé d'une kalash, dans ma vie rêvée de grande fille. Parce qu'en vrai, quand la bombe explose et que je bégaie du cerveau, c'est ma daronne de 80 ans qui me rassure et me sert un whisky en pensant que décidément, cette petite est quand même une couille molle.

J'ai payé pour me lever en trombe et foncer pleurer aux toilettes parce qu'il est un moment où observer les gens arrêter de vivre la vie et subir celle qu'ont décidé les autres sans trop faire un audit participatif et citoyen, ça devient insoutenable.

La chanson du générique de fin est, à cet égard, euh réussie. "Staying alive".

...

dimanche 30 août 2009

It's like : there's a god, and he's laughing his ass out loud

J'ai déjà évoqué ici les dégâts irrémédiables causés par mon éducation chrétienne rigoriste. Pour rappel et pour les incultes, voui, les gens d'Orient, malgré le cheveu crépu et la teinte olivâtre, ça peut aussi être catholique (on dit maronite si on veut être super précis et on se renseigne encore plus si parfois, on court les dîners en ville et qu'on aime phraser et déstabiliser le con bas du front moyen).

Vision d'horreur pour tout con qui se respecte :
la coexistence à peu près sereine de deux religions du Livre, wouw

Alors : "La Bible racontée au 6/9 ans", le catéchisme post-école avec cakes trop secs, la profession de foi, la communion, la confirmation, Pierres vivantes en églises qui chantent, le week-end de retraite spirituelle, les scouts, le lycée privé de jeunes filles catholiques à particules et à Burberry... Je me suis tout fadé, poliment et avec intérêt. J'étais jeune et pure, donc l'idée d'un big brother suave qui m'observe en permanence pour distribuer les points bons et mauvais n'était pas anxiogène. Au contraire, c'était valorisant : j'ai 10 en dictée et en plus, Jesus is my homeboy > classe absolue.

Jusqu'au punk. Le punk a mis vachement de distance entre moi et l'Eglise.

Hors d'ici, tout à l'heure

Néanmoins, malgré l'Ere Punk, malgré tout ce qui a suivi - et ça a suivi méchamment en termes de refus énergique voire outré de tout ce qui ecclésiaste, sermonne et abjure - je garde les séquelles de mon formatage.

Exemple : quand le matin, nez au vent, brushing pas trop raté, je trotte sur des escarpins générateurs de haine chez mon amie La Femme, et qu'un homme me fait la grâce de son attention turgescente, je procède à un jeté de mèche arrogant et efficace, je me retourne (strike the pose) et :
  • Un pigeon me chie dessus
  • Je me prends un pied dans l'autre et m'affale
  • Ma mère sortie de nulle part apparaît et me demande en hurlant si j'ai besoin de gel intime
  • Ma jupe se coince dans mon sac
Tout moment de flattage d'ego est, de manière scientifique et désarmante et systématique, suivi d'un gros moment de honte totale.

Je n'arrive jamais à m'empêcher de lever un sourcil fâché vers les nuages, genre "Péché d'orgueil, message reçu, j'arrête de me la raconter". Alors qu'en fait, mon intention première, c'est de rendre grâce à la vie de m'avoir fait baisab.. de m'avoir offert ces attributs féminins qui visent à la pérennité de l'espèce, alleluyah rejoice in the lamb, let's celebrate le cycle de la vie, le respect des fruits de saison, l'odeur délicate du foin coupé, tout ça.


Tout ça ?

dimanche 23 août 2009

You fuckin broke my heart

Hier, plutôt que d'aller faire frire ma cellulite au parc, j'ai décidé de m'offrir un bain de culture avec de miens amis. Direction le Jeu de Paume, expo sur le Monde de Martin Parr.

Le "monde de" parce que si l'on a le plaisir de découvrir entre autres choses sa nouvelle série Luxury (en gros c'est du "Regarde les nouveaux riches quand il bâffrent dans les coquetailes" > que du bonheur, j'ai spotté quelques libanaises botoxées dessus, it's good to feel like home), on se fade aussi quelques salles relatives à ses influences : photojournaliste briton, quelques nipponeries ça et là, et des espaces dédiés à ses collections d'objets pop-politico-trauma. La palme du "what the fuck object" revient aux petits tapis de prière évenementiels "9/11", glups, ma glotte a tréssauté à ce moment là...

Bref, faut y aller, même si on sort frustré de ne pas avoir vu assez de Parr, on en voudrait encore pendant des heures. Mon gros problème, depuis cette expo, c'est Betty, au premier plan :


Une photo de Mark Neville, qui fait partie du "Monde de". Une fête dans une salle certainement municipale de Glasgow, des gens qui dansent et merry Betty. Qui me renvoie à tout plein de choses avec de la solitude, du profitage d'instants sociaux, de la belle robe de soirée, et de l'entrain dedans. Désarroi total. I love Betty.

I love aussi cette autre photo (de Bruno Dayan) même si techniquement, j'admets bien volontiers que rien à voir avec le propos initial et que je l'ai odieusement pompée sur un blog fashion anglais. En même temps, on est sur la blogosphère, mmh, alors il semble que la pompe soit un présupposé.


mardi 11 août 2009

I ain't no strong woman no

Donc on rentre de vacances, on est bronzée, on dresse plusieurs constats revigorants. Baisse du niveau d'hystérie, le "grou" outré ne sort qu'au bout du 12ème fils de pute qui t'encule les côtes avec son coude dans le métro - oui, je vulgaire mais je triste, alors compensation / décompensation. Et même des fois on rit avec des inconnus dehors dans la rue, gros rire frais pâle imitation de la julia robertsss touch, vous savez ces trucs que les brunes avec plein de dents font toutes. On est fédératrice, on est une pub Dim. On se dit : du sport, du légume vert, respirer au travail. On se rajoute à soi même : tu ne sauves pas de vies, superficielle radasse, tu n'as aucune raison d'avoir le ventre qui brûle. Tu es Jeune Femme Fertile. La mesquinerie et l'agressivité glissent sur toi. Les vapeurs toxiques du stress se dissolvent rapidement dans l'air. Tout est calme, étonnamment serein. Limite, on écouterait ces morceaux de Bob Marley très early days /calypso style (je hais le reggae sauf des fois mais rarement), affalée sur le canapé.


Deux jours après. Dévastation. Constats revigorants foulés aux pieds, charpie beurk bout d'os. Parti le sommeil, insomnie, chaque nuit. Parti l'appétit, ce midi, 6 gyozas et trois makis, alors que je suis adepte du plat-de-mec-qui-reconstitue en temps normal (regard affolé). Tout ça, à cause du stress et de ce manque absolu de volonté et de respect des nouvelles Directives de Vies érigées au retour des Saints Congés.
(Version pour ceux qui ont lu Dune et qui ont poussé des cris dans leur lit en le lisant tellement c'est juste la Bible et c'est trop bien et tu réveilles ton mec pour lui lire : ) Pour une fille qui se rêve Prêtresse de l'ordre Bene Gesserit, aride samourai femelle au regard d'airain (ou seraient-ce ses pecs ?), on peut dire que techniquement je me raconte de belles histoires. Je suis plutôt Irulan, la princesse scribe, un peu connassa looseuse, que jamais Muad Dib ne baise, qui ne pane rien aux stratégies de l'Ordre et qui doit sûrement avoir un rire de cougourde.
(Version pour les autres :) Diantre, je ne suis que fragile fétu englué dans un cloaque bourbeux. Rha, la merde urbaine honnie, ses gens, ses grands moments, le travail, les connards, les moustiques. Tout est menace et laideur, moi aussi mais quand même pas très létale, ni particulièrement filmesque dans l'abjection. Mais à tout cela, à toute cette fange, je n'oppose ni colère ni activisme ni rien des fois je chante l'internationale dans mon burlingue.

Deux jours après avoir repris le boulot, je me résous à rejoindre la horde de nous aut'gueux qui jouons au loto, pour plus avoir de patron, fils, pour juste être bien, rien changer à ma vie, ou alors pas grand chose, ça relève du passage du 85B au 95B.

Du confort, peu de gens autour et de bien grasses mâtinées. Soupir.



lundi 3 août 2009

De l'annulation d'un road trip

Avec l'ami Wowo ça fait longtemps qu'on a une obsession : le road trip aux USA (battement de mains hystérique). Gonzo journalism, white trash et motels glauques, des trucs fondateurs pour lui et moi, nous ne sommes pas amis pour rien. On était presque à la limite de mettre de l'argent à gauche pour checker les modèles de Lincoln customisées disponibles l'été prochain. Mais en fait on s'est dit qu'on allait plutôt aller au Japon, période cerisiers en fleurs. Le pourquoi du comment ? Nous sommes allés voir Brüno au cinéma hier. Ca nous a calmés quant à l'exotisme du raod trip précité. Le pédé et l'arabe de service perdus dans l'Arkansas, on le sent moyen moins avec le recul...

Donc Brüno. Alors oui, soupir, polémique bloggesque, moue de dégoût, procès en vulgarité. On a même lu ça et là que le propos du film était la mode et donc que c'était un film raté. Waw. A mon sens, le propos du film, c'est que les gens sont abjects et grotesques, qu'on est tous le con de quelqu'un, qu'observer les gens que Brüno bouscule provoque rougeurs et enlisement dans des lacs de honte, que l'amérique profonde est corticalement fissurée entre politically correct et néandertalisme, qu'il ne fait pas bon être hormonosexuel en Arkansas et que rien. Putain rien, faut-il injecter du sens à tout rha point sûre j'en suis. Sacha Baron Cohen, c'est du Jackass pour non skateurs. Plus fédérateur et plus vicieux. Gros malaise pendant les scènes tournées au moyen-orient. Pour en venir, je ne peux que m'incliner devant les couilles gigantesques et en titane du meussieu, il fallait oser je ne raconte pas, ça se regarde avec décrochement de mâchoire. Je m'incline cependant dos au mur et en me gratouillant la tête d'un air couillon.

Sinon, je me suis achetée de la basket en masse ces derniers temps (jeunisme quand tu nous tiens) et voudrais vous présenter la paire de Reebook la plus démente du siècle. Et mon bronzage, bien sûr. Pour une pouffette fashion asiatisante, ces shoes sont une représentation matérielle de l'orgasme clitoridien :


dimanche 2 août 2009

Land of desolation


Boucler ses vacances à douze heures du départ avec un budget minable représente, pour une control freak embourgeoisée, l'absolue incarnation du cauchemar. Loterie, prise de risque, tachychardie. Fissure cardiaque totale quand elle se voit dans l'obligation de valider une destination honnie, la larmichette à l'oeil, christique en diable dans son sacrifice. Prête à tout pour passer du bon temps avec son sien vieil ami sans faire sa fille pénible.


Destination Lanzarote, donc, dans les Iles Canaries. Le premier qui rit je le gode-ceinturifie. Welcome to british beauf land, que Martin Parr à côté c'est du minimalisme classieux. Une île volcanique, noire et désolée. Des camaieux de noirs, de gris, d'ocre et le bleu azur de l'océan. Un vent violent permanent, qui rend la vie supportable sur ce rocher brûlé. Une île pensée pour le tourisme de masse briton et teuton. Un (faible) visitorat homogène, familles blondes à deux enfants, dont forcément un rejeton en surcharge pondérale. Des pubs à english breakfast partout qui retransmettent Sky TV et le soap populaire du moment.

Et au milieu, Sébastien et moi, dans notre Opel Corsa. Nous bûmes, nous rîmes, nous consternâmes, nous prîmes le soleil, nous huhuhumes. La survie a eu un prix, celui de la créativité. Pour accepter notre destin, on a réécrit l'histoire de Lanzarote. Nous avons décidé qu'une explosion nucléaire expliquait la désolation ambiante, le manque de touristes, les infrastructures abandonnées, sinon le néant absolu de tout rendait la situation anxiogène. Parfois sur la route, flashback de La colline à des yeux, nous attendions fébrilement l'attaque des consanguins irradiés cachés derrière les cactus et les fourrés calcinés.

Néanmoins nonobstant cependant, je reviens reposée, en attente de design et de pédanterie parisienne, pour mieux les vomir d'ici trois jours maximum.

It's good to be home.